La dernière étape
Lundi, le 28 juin, Fort William
Nous sommes réveillés par le soleil qui entre à profusion dans la chambre. C'est qu'il est levé depuis longtemps. Nous sommes presque au 56 ième parallèle, approximativement la latitude de la Baie James. Le soleil se couche tard, juste un peu avant nous, et il se lève tôt. Notre linge est complètement sec et l'odeur du petit déjeuner flotte jusqu'à nous, achevant de nous réveiller. Nous prenons un copieux repas, le meilleur petit déjeuner du voyage, tout en bavardant avec notre hôtesse est ses deux jeunes garçons. Notre hôte, un guide pour les " stalkers ", des chasseurs, est parti en montagne tôt le matin.
| Nous ne sommes pas pressés de mettre
les pieds dans nos bottes humides mais il faut bien
partir. Alors nous faisons notre sac, nous payons notre
dû et en route. La météo annonce " unsettled
" pour la journée, ce qui et une bonne nouvelle car
cela veut dire qu'il y aura des périodes de soleil entre
les averses. Que demander de mieux! C'est avec joie que nous constatons que la montée d'hier n'est pas perdue. Nous sommes à 1 km du sentier, mais grâce aux excellentes instructions de notre hôtesse le chemin qui nous y mène s'élève très doucement et rejoint le WHW juste à son arrivé en haut de la cote abrupte qui le fait sortir de la vallée du Loch Leven. Nous arrivons donc à cet endroit frais et dispos, après quelques minutes de marche. |
Nous y retrouvons d'autres marcheurs exténués après leur dure montée. Nous prenons un repos non mérité mais rendu obligatoire par la beauté du paysage devant nous.
Puis c'est le plateau des Mamores. Une large étendue de terre en pente douce, rocailleuses, dans laquelle circule un chemin de gravier défoncé. Tout autour de nous se dressent les pics des montagnes qui forment ce massif. Il fut un temps où des fermiers tentaient de tirer leur subsistance de ce sol. Difficile à croire. Pourtant, tout au long de la route, nous croisons des ruines d'habitations abandonnées.
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Le West Highland Way sur
le plateau des Mamores. |
Le voyage est très agréable. Nous sommes seuls dans cet immense plateau où la marche est facile. Il fait très chaud quand le soleil montre le bout de son nez, plus frais quand il se cache. Le temps est " unsettled ", comme la météo l'avait prédit. Ils n'ont pas grand mérite, c'est la température " normale " de l'endroit. Finalement, le ruisseau qui coule au creux du plateau change de sens. Nous commençons la descente qui nous mène vers la vallée de Glen Navis où se trouve Fort William, notre destination.
Puis c'est la longue descente vers Fort William, une petite ville portuaire située sur un bras de mer. La fin officielle du West Highland Way est un panneau situé dans le stationnement d'un centre d'achat près d'un carrefour où se rencontrent trois routes importantes. Quel contraste avec la paix des montagnes traversées dans la journée !
Notre B&B est situé à quelques mètres de cet endroit, juste à l'entrée de la ville, dans vieille distillerie. C'est un établissement un peu luxueux selon nos critères et l'hôtesse nous rappelle d'ailleurs trois fois que nous pouvons prendre le thé au salon ou dans notre chambre tout en insistant sur cette dernière possibilité. Nous faisons semblant ne pas comprendre, le thé au salon étant toujours accompagné de petits gâteaux maisons alors que ceux qui le prennent en chambre se contentent de biscuits enveloppés. L'établissement ayant demandé une accréditation auprès de diverses associations de marcheurs britanniques, ils devront de s'habituer aux gens habillés de vêtements à la propreté douteuse et qui arrivent avec des bottes boueuses. Nous y passons une nuit très confortable. Demain nous déménagerons dans un endroit moitié moins dispendieux, mieux situé, tout aussi confortable et très accueillant. La leçon : la qualité d'un B&B a rarement rapport avec le prix demandé...
Voilà, nous sommes à demi étape. Notre périple prévu est de nous rendre à Inverness en longeant le canal qui traverse l'écosse de part en part. Il nous manque un peu de documentation et des cartes, alors demain nous magasinerons. Puis nous nous reposerons un peu, jouerons au touriste, irons à l'Île de Skye, la belle vie quoi.