L'attente
Notre but était de faire le tour du Monte Rosa, une montagne située sur la frontière de l'Italie et de la Suisse. Après un épuisant voyage en train à partir de l'aéroport de Bâle, nous arrivons à Martigny, en Suisse, une ville presque sur le parcours du tour. Mais nous apprenons que les hauts cols sont très enneigés et que les refuges seront fermés pour encore au moins deux semaines. Nous décidons alors de passer du coté italien où les montagnes font face au soleil du midi, en espérant que l'exposition des pentes au sud aura eu raison de la neige. Au passage, nous traversons le Col du Grand St-Bernard, où se trouve une abbaye qui élève les chiens du même nom. Une fois à Aoste, nous apprenons avec désespoir que de ce coté aussi les refuges seront fermés, pour au moins deux semaines encore.
Nous prenons deux jours pour réfléchir et nous décidons de passer en France par le tunnel du Mont-Blanc. À Chamonix, nous nous procurons un second chandail de laine polaire car il fait plus froid que nous l'avions prévu. Nous achetons aussi le guide qui décrit le Tour du Mont Blanc. Ensuite en route pour Des Houches, un village situé à quelques kilomètres en aval, point de départ " officiel " du tour du Mont-Blanc du coté français.
On arrive à Des Houches le vendredi 20 juin 1997. On y fait le premier kilomètre de randonnée, il sépare la gare du centre du village.
Ce qu'il pleut! Trois jours d'attentes dans une jolie chambre avec balcon. Quand le temps se dégage un peu, nous sortons pour regarder les sommets enneigés qui nous entourent. On voit même, à l'occasion, la célèbre Aiguille du Midi qui surplombe Chamonix. Le Mont-Blanc demeure cependant invisible, nous sommes trop près. Les pics plus proches le cache à notre vue.
Ici il pleut, mais en haut il neige. Chaque jour, les pics deviennent de plus en plus blancs. Le dimanche matin, il y a même de la neige sur le Col de Voza, un col très accessible à 1653 m. d'altitude. Ce n'est pas très encourageant.
Alors nous bouffons. Notre hôtel nous coûte 447 FF (environ 111 $ pour deux personnes) en demi-pension, ce qui signifie petit déjeuner et dîner (repas du soir). Il faut s'arranger avec ce que l'on trouve dans les épiceries le midi, un bout de l'excellent pain local et un fruit. C'est amplement suffisant vu le manque total d'activité et l'ampleur du dîner. Généralement, le repas commence par un potage, c'est suivi d'une entrée, d'un plat principal, des fromages et du dessert. On sort de table avec l'impression que l'on va éclater, on se couche et on fait de beaux rêves. Nous ne sommes pas à plaindre, mais j'ai bien hâte qu'il fasse juste un peu beau pour que nous puissions partir.