On dort dans les nuages
Le lendemain, il bruine. Nous décidons de ne pas pousser trop loin. Nous allons faire six kilomètres, tout en nous élevant de 600 m dans la vallée du torrent du Bon Nant. Ainsi nous atteindrons le chalet de La Balme, dans un alpage à 1706 m. d'altitude et au carrefour de deux sentiers importants, le Tour du Mont-Blanc et le Tour du Pays du Mont-Blanc. Si le soleil sort, nous irons en excursion aux Lacs Jovet, à 2266 m. Mais sinon, nous resterons au refuge!.
Nous faisons trois kilomètres dans une vallée encaissée en pente légère jusqu'à un lieu de pèlerinage nommé Notre-Dame de la Gorge. Un chien nous suit sur toute la distance alors nous entrons dans l'église et attendons qu'il parte. Au bout de cinq minutes, miracle, le chien est parti. Mais la bruine s'est transformée en pluie torrentielle. Nous continuons notre route sur un chemin romain. Puis la pente devient beaucoup plus raide et la progression plus lente. Nous arrivons finalement sur l'alpage. Il nous faut monter encore 200m. et parcourir deux kilomètres. Au moins la pluie cesse. Même la bruine cesse. Il fait froid, le temps est humide, mais nous voyons le chalet de La Balme au fond de la vallée et le décor semble enchanteur.
| Nous y arrivons finalement. Plusieurs marcheurs y ont trouvé refuge. Le dortoir n'est pas chauffé et il y règne un froid humide. Les douches sont dans un bâtiment à part, non chauffé, aussi faut-il rester sous l'eau chaude le plus longtemps possible. Une petite salle commune, chauffée au bois, nous accueille enfin. L'atmosphère y est vraiment à la déprime, tout le monde ayant eu une journée de pluie. Sylvie ne sait pas si elle veut continuer. En fait, elle a plus ou moins décidé d'abandonner. La température exécrable et les grosses ampoules auront eu raison de sa détermination. Je m'interroge pas mal aussi. Il faut dire qu'il pleut depuis que nous sommes en Europe, ce à quoi nous ne nous attendions pas du tout. |
Lors d'un premier voyage, dans le sud des Alpes, nous avions eu du soleil tous les jours! Nous sympathisons avec des Français qui font aussi le tour du Mont-Blanc. Ils nous apprennent que le climat du sud des Alpes et celui du nord, où nous sommes, est bien différent. Nous n'avons aucune difficulté à les croire. Ils nous font aussi découvrir le vin chaud. Après quelques consommations, nous reprenons courage.
Au dîner, je sors quelques instants pour m'imprégner de l'atmosphère de la montage. Demain nous prendrons sans doute la route de la vallée, alors profitons un peu de l'endroit. Je rencontre quelques marcheurs qui arrivent du Col du Bonhomme. Il est enneigé et il y pleut. Ils semblent épuisés. Je prends quelques photos. Tout à coup, sur le chemin du retour, je suis pris dans une petite tempête de neige. Le 24 juin! Charmant.